Contexte économique

La région du Nord-du-Québec a perdu de sa vitalité économique depuis 1998. En effet, suivant les données officielles de Statistiques Canada, les dépenses en matière d'immobilisations ont subi une diminution de 18 % depuis 2001. Cette baisse marquée des dépenses est principalement attribuable aux investissements réalisés dans le secteur primaire.

Ce constat témoigne de l'importance de diversifier notre économie afin de la rendre moins vulnérable aux aléas du secteur primaire et aux aléas des marchés internationaux.

L'économie traditionnelle s'essouffle...

L'industrie forestière

L'industrie forestière constitue le levier de développement économique le plus important du territoire chapaisien. À l'échelle de la Jamésie, cette industrie représente un emploi sur quatre soit en aménagement et en exploitation forestière, soit en fabrication du produit du bois et soit en fabrication du papier.

Or, les entreprises forestières ont subi ces dernières années la multiplication des interventions de l'état afin de répondre à des demandes émanant de groupes de pression et afin de répondre à de nouvelles préoccupations environnementales. C'est dans cette optique que s'opéra la mise en oeuvre des objectifs de protection et de mise en valeur des ressources en milieu forestier (OPMV), que la politique sur les aires protégées fut adoptée et que, tout récemment, l'entente avec la nation crie du Québec fut conclue (7 février 2002).

L'entreprise Barrette-Chapais est devenue au fil des ans le moteur économique de Chapais avec 687 emplois de haute qualité. La municipalité reconnaît que 70 % de sa population dépend des effets directs, indirects et induits des activités de Barrette-Chapais ce qui la place en situation de grande vulnérabilité suivant l'hypothèse d'une réduction importante de ses activités.

Or, une évaluation récente de l'entreprise Barrette-Chapais nous apprend que les mesures gouvernementales (aires protégées et limites nordiques), les éléments de l'entente survenue entre les cris et le gouvernement du Québec (révisions des unités d'aménagement, les pertes opérationnelles, l'implantation d'un parc Patrimoine cri, les volumes d'approvisionnement accordés aux cris) de même que les mesures affectant l'opération (territoires d'intérêt faunique, coupes mosaïques, sites d'intérêt cri, limitation des perturbations affectant une aire de trappage) occasionneraient une perte cumulative de 53 % des approvisionnements consentis traditionnellement à l'entreprise Barrette-Chapais.

Sans être alarmistes, de telles pertes entraîneraient des coupures potentielles d'emplois directs estimées à 365. Pour l'économie de notre sous-région Chapais-Chibougamau, il s'agirait d'un dur coup dont il serait difficile de se relever. Cette amputation aurait également un impact sur les sous-contractants gravitant autour de l'entreprise puisqu'il serait à prévoir la faillite de plusieurs d'entre eux incapables de couvrir les frais fixes relatifs aux équipements acquis pour leurs opérations forestières. Même la compétitivité de l'entreprise Barrette-Chapais serait sérieusement mise en péril puisqu'elle ne pourrait maintenir leur équipe d'ingénierie et d'optimisation si indispensable à leur évolution technologique.

À cela s'ajouteraient des impacts en cascade sur des entreprises connexes telles que les entreprises de deuxième transformation de même que sur les centrales thermiques d'Oujébougoumou et de Chapais-Énergie ayant besoin d'approvisionnement massifs en résidus forestiers. La localisation de la centrale thermique Chapais-Énergie fut d'ailleurs établie en fonction de la proximité de l'entreprise Barrette-Chapais. Réduire les approvisionnements de 50 % serait dramatique pour Chapais-Énergie car cela la pousserait à revoir ses approvisionnements et l'inciterait à dénicher d'autres approvisionnements situés à plusieurs centaines de kilomètres du point de combustion.

l'entreprise Barrette-Chapais est la plus affectée des entreprises entraînées dans la mise en application de la paix des braves puisque l'ensembles de ses activités se déroulent en territoire cri.

 

L'industrie minière

La ville de Chapais a vu le jour grâce à l'exploitation minière. Cependant, en 1991, la fermeture de la mine Opémiska a frappé de plein fouet la communauté chapaisienne. À ce moment, 450 emplois furent perdus. Si l'on ajoute les emplois indirects, nous comprenons bien pourquoi la population de Chapais a regressé de 2,850 personnes en 1,988 à 1,857 personnes en 2005.

Un certain bessin de travailleurs miniers sont demeurés sur le territoire et continue d'oeuvrer dans des entreprises minières relativement éloignées. Il s'agit d'entreprises comme Ressources MSV, Troïlus-Frotet et même Raglan.

Or, comme ces entreprises sont vulnérables à la variation du prix de l'or et à la variation du dollar canadien, celles-ci ne constituent pas une économie stable et florissante comme en témoignent l'énorme difficulté de financer de nouveaux projets (Copper Rand 5000).

 

Vers une économie nouvelle et diversifiée

Devant de telles bases instables, la ville de Chapais n'a guère eu le choix que de se lancer dans la diversification de son économie. Le premier bastion de cette nouvelle économie fut la production d'énergie à partir de la biomasse forestière.

L'entreprise Chapais Énergie vit donc le jour en 1994 et elle est toujours en production depuis. Cependant, même cette entreprise est liée à la vulnérabilité du secteur secondaire puisque ses approvisionnements en résidus forestiers proviennent de l'entreprise Barrette-Chapais et de sa vitalité.

Plus haut, nous avons mis en relief le fait que l'entreprise forestière était confrontée à de nouvelles règles du jeu. Si le pire scénario se réalisait, les contrats d'approvisionnement et d'aménagement forestier seraient revus à la baisse pour Barrette-Chapais comme pour l'ensemble de l'industrie. Moins de superficie de coupe signifie en bout de ligne moins de résidus forestiers pour l'entreprise Chapais Énergie dont l'emplacement a été pensé en fonction de cet immense approvisionnement.

Côté touristique, Chapais ne possède pas d'attraits unique structuré que pourraient lui envier les centres touristiques du Québec. Certes, des groupes s'y aventurent pour s'abreuver de la nature sauvage. Cependant, étant éloignée des grands bassins de population, soit 750 kilomètres de Montréal, il devient difficile de susciter un véritable engouement touristique et par le fait-même de pousser les entreprises à vocation touristique à améliorer leurs infrastructures d'accueil.

Depuis douze (12) ans, Chapais a été le berceau d'initiatives touristiques particulièrement audacieuses dont les expéditions en chiens de traîneaux et les descentes de rapides en zodiac. Ces quelques projets ont permis de constater à quel point la clientèle européenne est friande de ce qu'ils appellent le Grand Nord québécois en parlant de Chapais et ses environs.

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